Koro du Bakoro, naufragés du Faso

(France – Burkina Faso) de Simplice Herman Ganou 83mn

Polo arpente Ouagadougou depuis l’enfance. Aujourd’hui, il a grandi. À 29 ans il est l’aîné d’un groupe de jeunes qui vit de bricoles et de défonces. Plongée brute dans une réalité rugueuse comme le goudron qui manque aux rues de Ouaga, The Koro of Bakoro, the Survivors of Faso est avant tout une vue de l’intérieur. Simplice Herman Ganou connaît aussi bien que Polo et sa bande les rues où ils vivent, essayant de vendre des lampes solaires de récup’ customisées « à la sauce Bakoro ». Il avait déjà trainé sa caméra dans ce coin, signant il y a quelques années Bakoroman (2012), portrait d’adolescents de la rue. Quelques années ont passé… Et la question qui se pose à présent n’est plus celle de la survie, mais bien celle de l’identité. Dans la rue, on n’est personne. « Si j’étais mort dans les révoltes de 2014, on m’aurait mis dans la fosse commune », la quête qui rythme le film est alors identitaire. Polo part au village à la recherche de son acte de naissance, tel le corps métaphorique d’un Burkina Faso orphelin depuis la mort de Sankara et dont la révolution récente laisse ses enfants comme naufragés.